Sur la route de Jodhpur
Sur la route de Jodhpur

Sur la route de Jodhpur

Derniers instants dans le désert

Le jour se lève sur le désert. Il est 7h et nous allons admirer le lever du soleil.

À défaut de pouvoir dormir, j’ai contemplé le ciel toute la nuit. Le ciel change perpétuellement. Alors que la lumière de la lune traversait les nuages et se reflétait sur le sable, elle s’est peu à peu éteinte pour ne demeurer qu’un halo blanc à l’horizon, ne laissant pour visible que les étoiles. Peu à peu, le ciel est devenu plus clair, prenant des teintes pourpres.

L’aube transforme le désert. Les dunes prennent des reflets gris vert, contrastant avec la steppe orange vif. Nous continuerons de contempler ce spectacle à dos de chameaux en rejoignant la route principale après un petit-déjeuner au camp.

L’expérience dans le désert est désormais terminée et je ne l’aurais manqué pour rien au monde. Je reviendrais. Tout était si enrichissant. Je suis simplement heureuse et fière d’avoir pu partager ce moment précieux avec papa, Millie, James et les hommes du désert.

Après avoir dit au revoir à Millie et James, nous partons en direction de Jodhpur. Il y a 5h de route, pas toujours en très bon état ou en pleins travaux. Dans cette zone frontalière, les convois militaires sont nombreux. De nombreux camions Tata, tous plus colorés les uns que les autres partagent aussi la route. À l’arrière des remorques est inscrit « Blow Horn » au milieu des peintures qui les recouvrent, incitant les autres conducteurs à klaxonner.

Enfants en uniforme sur un vélo, Rajasthan, Inde

Photo by Chelsea Aaron on Unsplash

En route vers Jodhpur

En Inde, il n’y a pas de règles de circulation : on double à droite à gauche, on klaxonne et on fonce en tentant d’éviter les nombreux animaux qui traversent la route : vaches, buffles, moutons, chèvres, chiens et chameaux.

Ici, nous croisons des enfants vêtus d’un uniforme qui rentrent à pied de l’école. Aux alentours de Jodhpur, les villages se multiplient, tous composés d’une unique rue principale. Les façades alignées, plus grandes que les édifices qu’elles cachent, ressemblent aux décors de cinéma western que des commerçants et marques téléphoniques prennent d’assaut.

La pauvreté est plus visible : certains n’ont que des bâches pour leur servir de maison et le sol est jonché de déchets. La périphérie de Jodhpur, deuxième plus grande ville du Rajasthan après Jaipur, semble abriter une population en grande difficulté. Dans cette ville commerçante qui vit principalement de l’industrie du textile, l’atmosphère est pesante. Près de la vielle ville, l’agitation des rues rappelle quelque peu le vieux Delhi.

Au loin, la forteresse de Mehrangarh construite par le rao Jodha, fondateur de la ville, se dresse sur sa colline et domine la ville. À l’intérieur des murailles, on s’émerveille devant les façades du palais. La pierre calcaire se mêle à la pierre rose qui rappelle les teintes du bois. Les cours intérieures laissent apparaître des façades entièrement sculptées aux fenêtres ajourées qui permettaient autrefois aux femmes d’observer la cour sans être vues. Au sein du palais, les dorures, miroirs et vitraux recouvrent les murs. La richesse des maharajahs nous laisse sans voix.

Le fort nous offre une vue imprenable sur l’ensemble de la ville. Au nord, un crématorium de marbre blanc surplombe la ville, au sud l’Umaid Bhawan Palace, palais du maharajah, trône au milieu des habitations. Autour de cette richesse localisée, la ville entière semble avoir perdu en authenticité au fur et à mesure qu’elle s’est étendue. Appelée la ville bleue, seules quelques maisons conservent encore cette couleur caractéristique. Dans la vieille ville, le quartier de la Clock Tower bourdonne. Au cœur de cet immense bazar, nous admirons la vue imprenable que nous offre le toit-terrasse de notre hôtel au son des klaxons incessants et des chants musulmans émanant des mosquées.

Mehrangarh Fort, vue depuis la cour intérieure, à Jodhpur, Inde

Photo by Setu Chhaya on Unsplash