Splendeur et pureté – Le Taj Mahal
Splendeur et pureté – Le Taj Mahal

Splendeur et pureté – Le Taj Mahal

Le jour se lève à Agra

La rue est calme à cette heure matinale. 6h30. Pas de trafic, pas de klaxons. Il fait encore nuit et devant nous se dresse l’immense boulevard qui mène au joyau de l’Inde. Bien déterminés à contempler l’œuvre sous les plus belles lueurs du soleil, nous nous empressons de le rejoindre avant le lever du soleil.

Nous y sommes. Au bout de la longue allée centrale ornée d’un bassin longiligne bordé de pins, le mausolée immaculé se dresse majestueusement sous nos yeux. Les premiers rayons du soleil donnent à la pierre des reflets dorés. En se rapprochant, on découvre peu à peu la richesse artistique offerte par cette immense toile.

Le Taj Mahal, une œuvre d'art

Le Taj Mahal est une œuvre d’art.

Les décors fleuris et inscriptions en arabes qui entourent l’arche principale se mêlent harmonieusement aux teintes grises du marbre. Une fois à l’intérieur, la finesse des ornementations florales peintes dans le tombeau nous laisse sans voix. Paraissant simples, elles sont complexes et leurs nuances sont une richesse.

Tout est harmonie : la couleur et la blancheur, la vie et le répit. Ici repose Mumtaz Mahal et son époux l’empereur Shah Jahan qui a construit ce joyau en l’honneur de sa bien aimée défunte. Devant nous se dresse la pureté. Entourant le mausolée, les édifices de grès rouge, mosquée et palais, donnent au lieu toute sa splendeur.

Photo by Judson Moore on Unsplash

Dans le parc fleuri où chantent des oiseaux par milliers, on se perdrait à contempler toutes les teintes que prend la pierre au rythme du soleil. Au fond, derrière la plate-forme de marbre, la brume recouvre encore le fleuve Yamuna.

Taj Mahal, Agra, Inde

Photo by Darsh Nishar on Unsplash

Le Taj Mahal est matinal. C’est à cette heure qu’on apprécie le lent réveil de la merveille, sans les touristes qui s’en mêlent. Craignant qu’il soit surfait, nous découvrons un lieu de paix qu’il aurait été triste de manquer.

Cette sérénité se prolongera en visitant ce que l’on nomme injustement le Baby Taj. Perçu comme une réplique miniature de son successeur, il n’offre pas moins de richesses. Tant l’édifice de marbre que les palais rouges sont d’une finesse architecturale sans égal. Les motifs géométriques ont ici remplacé le motif floral du Taj Mahal, sans pour autant être moins marquants. Assis au milieu d’un océan de fleurs, nous restons à contempler la beauté artistique de l’édifice.

Je me sens bien, tout simplement.

Sortant de ce cocon, Subhash nous informe que le train que nous étions censés prendre a été annulé et que nous prendrons un autre train. Jusque-là, pas de problème. Le hic, la réservation est en troisième classe, ce qui risque d’être peu confortable pour mon papa et moins sécuritaire. Si nous voulons aller à Varanasi, nous n’avons pas le choix.

L'héritage d'Agra

Faisant abstraction de ce problème, nous nous dirigeons vers le Fort d’Agra, véritable héritage des deux empereurs Akhbar et Shah Jhaban. On y retrouve les massifs édifices de grès rouges de Fathepur Sikri et la finesse de marbre du Taj Mahal. Les palais se succèdent dans les cours arborées, offrant arcades, sculptures et peintures. Nous nous émerveillons devant la richesse des peintures et détails qui ornent le palais construit par l’empereur veuf.

Ce joyau lui servira de prison, enfermé par son propre fils par soif de pouvoir. Offrant un large panorama sur le fleuve et le Taj Mahal, on disait qu’au moins, de son cachot, l’empereur pouvait regarder sa bien aimée et contempler son œuvre.

Agra dispose d’un héritage splendide. C’est une ville étonnante qui ressemble plus à un village immense qu’à une ville industrialisée. Les ruelles sont encore de terre et la circulation y moins dense qu’ailleurs. Pour la première fois, la ville regorge de calèches et de vélos qui se mêlent aux autres moyens de transport.

Des troupeaux de vaches occupent les rives du fleuve Yamuna. Sur une vaste étendue de terre en plein milieu du cours d’eau, les hommes lavent le linge et le fond sécher au soleil. On se croirait à la campagne : la verdure et l’atmosphère de la ville font d’Agra une cité agréable, vivable, contrairement aux autres grandes villes que nous avons visité.

Arches du fort d'Agra, Inde

Photo by Mohd Aram on Unsplash

Péripéties de train

En attendant le train, nous profitons une dernière fois de la nature dans le parc de Shah Jahan. C’est alors que les choses se compliquent. Le train a une heure de retard et nos places sont séparées. Il n’en est pas question, nous resterons ensemble, être toute seule me parait bien trop dangereux.

Désormais on annonce 2h30 de retard. En Inde, le train est toujours en retard d’au moins 30 minutes mais rarement autant. Il arrive enfin avec 3h de retard. À l’intérieur, nous arrivons à nous arranger avec les Indiens pour rester ensemble et essayons de dormir, oubliant notre environnement: lumière blanche dans les yeux, cris des vendeurs ou de bébés, va et viens des Indiens…

Au bout d’un certain temps passé en Inde, on apprend à faire abstraction du bruit, présent de jour comme de nuit.