Phnom Penh : couleurs, saveurs et stupeur
Phnom Penh : couleurs, saveurs et stupeur

Phnom Penh : couleurs, saveurs et stupeur

Une dame de fer jalouse à Paris

05h30 – À travers l’entrebâillement de la fenêtre la dame de fer semble m’appeler, m’invite pour un dernier spectacle matinal. À croire qu’elle ne veut pas me laisser manquer les premières lueurs du jour. Teintés de rose et d’orange, les nuages forment un cocon autour du Paris qui s’éveille.
 
Élancée et fière, la dame de fer me chuchote de ne pas l’oublier, presque jalouse de tant de liberté. Dans 6h je te quitte pourtant, mais, ne t’inquiète pas, je reviendrais bientôt tout te raconter.
Tour Eiffel à l'aube depuis un balcon, Paris, France

© Marie Dulin – Récits nomades

Phnom Penh : première pluie, premières énergies

Phnom Penh ressemble étrangement aux villes indiennes.

Le long des rues, des milliers d’échoppes colorées se battent pour un bout de trottoir. Au-dessus de leurs têtes, les fils électriques leur font écho. Les motos affluent de partout et se faufilent entre les gros SUV blancs et les tuk-tuks.

Pourtant immense, la ville n’est finalement pas si dense et si la pauvreté se voit la tristesse ne se lit pas.

Enfants sous la pluie - Phnom Penh - Cambodge

Photo by Vanna Phon on Unsplash

À peine sortis pour profiter de cette cité aux 1000 héritages nous goûtons enfin à notre première pluie cambodgienne. Chaude et puissante, elle revigore instantanément nos corps meurtris par le voyage. Un instant, le temps semble s’arrêter face au majestueux fleuve brun, le Tonlé Sap, qui semble déborder.

Nous réalisons enfin que nous sommes arrivés où nous parlions d’aller depuis 2 ans. Notre joie est amplifiée par les rires des enfants qui jouent sur les pavés en se lançant dans des glissades de plusieurs mètres, totalement nus.

Au cœur de la ville, le calme nous étonne. Seuls les tuk-tuks sont là pour nous interpeller (sinon, nous ne serions pas des touristes en Asie) et, même si on entend la circulation des rues passantes, les klaxons ne sont que très rares (merci pour nos oreilles).

Nous profitons alors pleinement de la richesse architecturale qui s’offre à nous, du musée national au palais Royal en passant par la Pagode d’Argent et le Wat.

Premières couleurs, premières odeurs

Peu à peu, la ville se remplit des familles venant profiter des quais et de la vue sur le fleuve en cette fin de journée. Nous comprenons alors que le rythme asiatique est bien différent du nôtre, et pour cause, une heure plus tard, à 18h, le soleil commence à se coucher.

La ville prend alors un tout autre aspect : la couleur des pancartes de jour fait place aux néons au-dessus des échoppes, les cuisines de rues inondent les trottoirs et la circulation se fait moins dense.

L’atmosphère qui s’en dégage est particulièrement enivrante.

Ici les gens vivent dans la rue, se connaissent, partagent le repas tous ensemble et partout les enfants rient et jouent. On ne peut qu’être emporté par ce flux d’énergie, d’autant plus qu’on se sent en sécurité et que personne ne nous déshabille du regard (Si vous avez lu mes récits à Delhi ou Pushkar vous devez comprendre à quel point cela me soulage…).

Seul bémol, dans certaines rues, les bars se remplissent aussi de nombreuses jeunes femmes cambodgiennes qui attendent sur les terrasses par centaine – officiellement pour attirer les hommes à consommer plus de boissons – soupçons et malaise quand même.

Le lendemain matin nous nous dirigeons logiquement vers le marché central, point névralgique de l’agitation matinale de Phnom Penh. Chaque partie est consacrée à un type de produit : vêtements, fleurs, bijoux, fruits, viande et enfin cuisine de rue où nous petit déjeunons.

Partout les Cambodgiens s’assoient pour manger sur le pouce ou viennent choisir leurs fruits parmi les étals croulant de couleurs. Les odeurs qui se dégagent des cuisines nous enivrent : fruits séchés, soupe pho, grillades, rouleaux de printemps, pains frits… Il y en a pour tous les goûts. Attention toutefois à ne pas se diriger vers les boucheries où les effluves peuvent vous retourner l’estomac, à peine réveillé.

Tuol Sleng, le choc

Repus et après une recherche énervante de la station de bus pour le lendemain, nous rejoignons Tuol Sleng, le musée du crime génocidaire perpétré par les Khmers rouges. Stupeur et incompréhension sont les mots les plus fidèles devant tant d’horreur.

Une soirée plus douce à Phnom Penh

Quelque peu affaiblis par ce spectacle et la chaleur, nous remontons la ville à pied, redécouvrant une nouvelle fois le vaste complexe du Palais Royal et les quais. Ce soir, nous ne saurions nous passer de l’animation des rues et de leur cuisine si savoureuse avant de partir pour notre prochaine destination.

En attendant, je vous fais parvenir ce récit sur le rooftop de notre guesthouse, bercée par les bruits incessants de la rue et le mouvement des draps étendus à côté des banquettes. Décidément, la ville est océan de vie, des rues jusqu’aux toits des immeubles.

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