La fin d’un tourbillon – New Delhi
La fin d’un tourbillon – New Delhi

La fin d’un tourbillon – New Delhi

Pouvoir et richesse à New Delhi

Retour au point de départ. Hier soir, Subhash nous attendait à l’aéroport, pour notre plus grande joie. Il aurait été impensable de vivre notre dernière journée sans lui. Plus qu’un chauffeur ce fut un guide et c’est désormais notre ami. Le succès du voyage dépendait en grande partie de sa présence et aujourd’hui, nous le finissons ensemble dans New Delhi.

Après un détour par l’aéroport pour récupérer l’appareil photo, nous rejoignons le site de Qutb Minar. Au centre d’un parc arboré, un minaret de grès rouge haut de 54m se dresse entre les ruines d’une ancienne mosquée et les palais sculptés. Un vent frais fait trembler les feuillages et rafraîchit l’atmosphère étouffante de la ville.

Contrairement à la vieille ville, New Delhi est riche et aérée. De vastes esplanades bordées d’arbres mènent aux quartiers résidentiels des plus fortunés du pays. En passant l’India Gate, Arc de Triomphe indien, on aperçoit les imposants bâtiments gouvernementaux : ministères, parlement et maison présidentielle. Les riches, l’armée et les politiques ont fait de la nouvelle ville le manifeste de leur puissance.

Entre le Nord et le Sud de Delhi, une frontière infranchissable s’est bâtie entre irréel et misère. Cette démesure nous dépasse dans le temple érigé sur l’autre rive du fleuve Yamuna. On ne peut que saluer le travail des artisans mais condamner l’entreprise de ce monument. Construit en 2005 en l’honneur à Swaminarayan, fondateur du courant moderne hindou Swaminarayan Sampraday, ce temple est, à nos yeux, une offense faite aux indiens, si nombreux à ne pas manger à leur faim.

A l’intérieur, pierres précieuses, or et marbre blanc recouvrent murs et plafonds. Aucune pierre de l’édifice n’échappe aux sculptures toujours aussi fines. Certes tout ceci est splendide mais c’est d’un autre temps, l’Inde n’a plus besoin de monument.

India Gate, New Delhi, Inde

Photo by Mohd Aram on Unsplash

Le business semble y prendre une place plus importante que le culte lui-même, les restaurants et animations attirant toujours plus d’Indiens en quête de richesse.

Les jardins de New Delhi

Porte de Lodi Garden, New Delhi, Inde

Photo by Alin Andersen on Unsplash

Devant ce spectacle, nous préféreront profiter de la nature pour le reste de la journée, nichés dans le parc de la Tombe de l’empereur Humayun qui a inspiré le Taj Mahal ou dans le Lodi Garden avant la tombée de la nuit. Bercés par le chant des oiseaux, nous oublions le temps qui passe pour vivre paisiblement notre dernière journée au milieu des fleurs et des fontaines.

Dans le jardin presque tropical de Lodi, les riches indiens du quartier se reposent ou font leur jogging et cela me rappelle le Jardin des Plantes à Paris. New Delhi est occidentalisé, se dessine comme un pont entre nos deux semaines indiennes et le retour en France.

La fin d'un voyage

Malgré cette transition bien agréable, dans nos têtes, nous avons déjà quitté l’Inde depuis le vol de la veille. Malgré tout, nous profitons de ce voyage si enrichissant jusqu’au dernier instant, conscient de notre chance d’avoir pu le vivre ensemble. Une fois de plus, nous partageons nos ressentis en dégustant un repas occidental, les sauces indiennes ayant eu raison de nos intestins.

Le départ se fera sans regrets après tellement de découvertes sur l’Inde et sur nous-même. L’Inde est un pays à contempler, à ressentir et à aimer. Y aller est riche d’enseignements. Finalement, l’âme de ce pays pourrait résider en ce constat : l’Inde est un paradoxe, entre richesse et pauvreté, entre splendeur et misère, entre nature et déchets, entre respect et sursollicitation…

L’Inde est magique, l’Inde est tragique.