Immersion – Old Delhi
Immersion – Old Delhi

Immersion – Old Delhi

Chandni Chowk

Le marché de Chandi Chowk ne laisse aucun répit. Aussi enivrant qu’effrayant, déroutant qu’exaltant, il te plonge dans un monde inconnu et profondément vivant.

Ici et là se bousculent les passants tentant de se frayer un chemin parmi la multitude de vendeurs de sari, sandales, jouets, fruits épluchés en direct, sucreries, chapatis, naan, bijoux etc., le tout vendu pour une bouchée de pain. La route se confond avec le trottoir jonché de déchets, la rue est à tout le monde. Partout il faut fendre la foule et tenter de se frayer un chemin entre les voitures, rickshaws, motos et chariots de marchandises. Aux cris des vendeurs se mêlent les klaxons incessants.

Toute cette agitation pourrait en dégoûter plus d’un, mais pour ma part, elle m’a fait me sentir profondément vivante. Ce bazar typique du Vieux Delhi nous a plongés dans le cœur de l’Inde. Mais voyons comment nous en sommes arrivés jusque-là…

Une arrivée à Delhi mouvementée

Après la peur de louper l’avion pour une erreur de métro et les 9h de vol, nous avons enfin posé le pied sur le sol indien. Accueillis par un collier de fleurs et transporté par notre correspondant, nous sommes rapidement arrivés à notre chambre d’hôte.

Et là, le drame : papa se rend compte qu’il a oublié l’appareil photo dans l’aéroport. La nuit s’annonçait déjà courte et cet accident n’arrangera rien. Elle n’a finalement duré que deux heures, réveillés par les cris répétitifs des vendeurs promenant leur chariot de marchandises à vélo dans le quartier et les caprices de la cliente suivante qui exigeait que l’on rende la chambre.

Après ce réveil un peu brutal et la rencontre avec Manoj, mon correspondant sur place et organisateur du voyage, nous sommes enfin partis pour visiter le vieux Delhi.

Le rejoindre est déjà une immersion en soi. Sur la route, il n’y a pas de règles, si ce n’est avertir en klaxonnant sans interruption. Il y a autant de voitures que de rickshaws, tous vert et jaune. Nous croisons également un éléphant qui transporte des marchandises mais malheureusement il ne semble pas très bien traité.

Cette agitation laisse place au calme du parc érigé à la mémoire du Mahatma Gandhi à la frontière entre le nouveau et le vieux Delhi. Un lieu de culte occupe la place centrale, bordé de vastes étendues verdoyantes et fleuries. Presque tropical, nous y croisons des écureuils à la fourrure zébrée et des perroquets verts.

Retour au tumulte de la circulation pour rejoindre le Fort Rouge, un complexe bâti par l’empereur mongol Shâh Jahân.

À l’intérieur des murailles se dresse une ville de marbre blanc et de cette pierre rouge si caractéristique. Temples, mosquée, palais, arches, sculptures et trônes s’y dressent au milieu des vastes étendues de verdure. Chaque bâtiment dispose d’une architecture singulière, héritage des colonisateurs successifs qui fait de Delhi un joyau culturel.

Nous voilà ensuite arrivés à Chandni Chowk, tentant de trouver quelque chose à manger. Malgré la multitude de vendeurs, nous hésitons longuement, tentant de trouver une nourriture compatible avec nos ventres encore beaucoup trop occidentaux.

Après un repas épicé, nous visiterons la mosquée de Jama Masjid qui se trouve au sud du quartier. Pour la rejoindre, il faut passer par une rue commerçante parallèle où la pauvreté commence à se ressentir.

La mosquée de marbre blanc, encerclée de sa muraille rouge, fait face à un massif édifice de grès qui surplombe un bidonville installé en plein milieu de la ville.

Marché de Chandni Chowk, Delhi, Inde

Photo by Ravi Sharma on Unsplash

Tourments à Delhi

En sortant, nous empruntons une petite ruelle dans laquelle un enfant d’à peine 7 ans frappe une petite fille en lui donnant des claques, encouragé par les rires de deux autres enfants.

Devant ses pleurs, l’envie me vient de réagir et d’apprendre à cette fillette à se défendre. Après une seconde d’hésitation, je me ravise. Qui suis-je pour éduquer ces enfants ? Notre regard aura heureusement permis de mettre fin à cette scène.

En passant à côté du bidonville, les regards deviennent particulièrement oppressants. Ignorés jusque-là, l’effet de masse crée chez moi un véritable malaise. Si j’étais informé de la curiosité qu’était la femme occidentale aux yeux des Indiens, je ne pensais pas que tous les hommes et les femmes me toiseraient ainsi, comme si j’étais à la fois un fantasme et une bête de foire. Heureusement, la présence de papa fait rapidement fuir leurs regards. Je m’y habituerai sans doute.

Quoi qu’il en soit, il n’y avait pas meilleur endroit qu’Old Delhi pour entrer dans le tourbillon de l’Inde.

Il est désormais l’heure de rejoindre la gare pour prendre notre train de nuit direction Jaisalmer.

Sur le quai, nous rencontrons Benjamin et Clotilde, un jeune couple de français qui fait un voyage de 5 mois en Asie du Sud et prend le même train que nous.

Après de légères difficultés pour trouver le bon train nous rejoignons nos cabines, modestes mais propres. Le voyage durera 18h pour faire plus de 900km.

Exténués, nous nous endormons, sans pour autant quitter l’agitation indienne du train qui nous réveille fréquemment. J’écris, la tête sur Groot qui sauve un temps soit peu mon sommeil, il est actuellement 4h du matin au Rajasthan.