De Delhi à Jaisalmer
De Delhi à Jaisalmer

De Delhi à Jaisalmer

Premier train indien

Le train indien est une expérience à ne pas rater.

Le sommeil y est ponctué par les mouvements incessants des voyageurs et vendeurs pendant les nombreux arrêts, tous parlant plus fort les uns que les autres. Devant les portes grandes ouvertes, les Indiens fument et regardent le paysage défiler, sans aucune crainte malgré la vitesse. Même si ce folklore rompt le sommeil, je n’aurais manqué cette nuit pour rien au monde.

Au réveil, un nouveau paysage défile sous nos yeux : la ville a laissé place au désert, parsemé de quelques arbres et rares habitations. L’arrivée à la gare de Jaisalmer nous plonge dans un nouveau monde : tout semble déjà plus riche et calme.

À la découverte de la ville dorée

Après avoir dit au revoir à Benjamin et Clotilde, Subhash, notre nouveau chauffeur qui nous accompagnera tout le long du voyage, nous emmène au Gadi Sagar Lake.

Construit par un maharajah, le lac est bordé de 5 temples hindous et des pavillons entièrement sculptés se dressent en son centre. Précédés de quelques marches, les édifices semblent littéralement flotter sur le lac et leur toit est pris d’assaut par les oiseaux.

Après avoir découvert ce havre de paix, nous rejoignons le centre de la ville au sein de la forteresse. La circulation est bien moins intense qu’à Delhi et de nombreuses vaches partagent la route.

Toute la ville est construite d’une pierre beige aux reflets jaune pâle à laquelle Jaisalmer doit le nom de ville dorée.

Arrivé au sein des murailles, nous rejoignons un petit restaurant dont on ne pourrait supposer l’existence. Dans une cour, un homme nous accompagne à l’étage où nous découvrons une pièce entièrement recouverte de tapis de mille couleurs et de coussins brodés. Au fond, un balcon offrant une vue imprenable sur la ville basse nous servira de table. Le vent frais porte à nos oreilles les chants d’un prêtre musulman.

En contrebas, le cœur de la ville bat son plein et, pourtant, ce lieu est profondément apaisant. Le paysage est bien plus oriental que l’on pourrait l’imaginer. Les maisons et havelis se mêlent pour former une cité au milieu du désert. 

Facade d'une rue commercante, Jaisalmer, Inde

Photo by Damini Rathore on Unsplash

Cet instant de paix laisse place à l’agitation des ruelles. Les rires des enfants se mêlent aux klaxons. De nombreux Indiens tentent de nous vendre toute sorte d’objet, de devenir notre guide ou de nous convaincre de monter dans leur rickshaw. Les rues étroites sont remplies d’échoppes, de vaches et de chiens errants.

La ville entière est splendide.

Il faut lever les yeux pour admirer les façades des maisons, toutes plus finement sculptées. Au centre du fort, un temple Jain et le palais princier dominent la place. Hors les murs, l’agitation commerçante de la rue laisse place à des quartiers paisibles dont les rues sont occupées par les vaches et chiens errants. Quelques havelis qui ont gardé toute leur authenticité se mêlent aux habitations. Les femmes se regroupent devant les maisons, discutent et rient. Se perdre dans ces rues permet de découvrir tout le paradoxe de cette ville, entre agitation et sérénité, richesse et pauvreté.

Bientôt le soleil se couche sur la ville que nous contemplons depuis un point de vue reculé. Le coucher de soleil donne à la ville des teintes bleutées et la pierre du désert prend des reflets dorés.

Cette ville est un joyau, de jour comme de nuit, que nous pouvons contempler depuis la terrasse surplombante de notre chambre d’hôte. Elle bourdonne, jamais ne dort. La vie indienne ne connaît pas de pause.