Angkor : la magnifique, l’assiégée
Angkor : la magnifique, l’assiégée

Angkor : la magnifique, l’assiégée

La grandeur d'Angkor

Comment vous décrire la magnificence d’Angkor ? Les mots me manquent et, vous m’excuserez du peu, je ne vous parlerai pas des 287 temples recensés dans la région car en 3 jours cela relèverait de l’impossible…
Tête de Bouddha gravée au Bayon, un des temples d'Angkor au Cambodge

Tête de Bouddha sculptée dans la pierre du Bayon

© Marie Dulin – Récits nomades

Avant tout, on est frappé par la grandeur du site qui nous oblige à faire entre 3 et 25 km entre chaque temple. On imagine ainsi aisément la taille des cités érigées autour de ces édifices et la puissance de l’empire khmer pendant 5 siècles. Ensuite, on se laisse charmer par la finesse des sculptures et la force de la nature qui a par endroits repris ses droits. Tout autour, la jungle ne fait que renforcer la quiétude des lieux et sublime l’architecture.
 
Après un premier jour à visiter Siem Reap et à profiter de ses berges magnifiques autour de la rivière rejoignant le Tonlé Sap, nous partons le second matin en tuk-tuk afin de visiter les temples les plus éloignés.
 
Parmi eux, nous serons frappés par le côté sauvage du petit temple Ta Som, la quiétude de Neak Pean, entouré de marécages, et la grandeur de Preah Khan. Plus loin dans les collines, Banteay Srei, scintille comme un jaspe au milieu de ses bassins.
 
Mais le plus beau d’entre tous restera pour nous le Bayon avec ses 54 tours aux 4 visages de Bouddha. Chaque pierre y a été minutieusement sculptée. Tout y est finesse et précision et l’on aime à se perdre dans ce labyrinthe, comme la famille de macaques que nous y avons croisé d’ailleurs. Vishnou, Shiva et Bouddha ornent les murs et pour la première fois des scènes entières de vie de la population khmère sont représentées.
Ta Phrom n’est pas en reste, même si la foule chinoise accro aux photos enlève à ce lieu majestueux une partie de son charme. Partout les arbres ont ici repris leur droit en faufilant leurs immenses racines à travers l’édifice. Expérience ressourçante et bucolique assurée !
 
Nous serons, en revanche, fortement déçu d’Angkor Wat, alors même qu’il est a lui seul le véritable symbole de l’ensemble du complexe. Nous nous étions pourtant levés à 4h30 en ce troisième matin et avions enfourché nos vélos pendant 8km pour l’admirer mais le charme n’a pas opéré, tout comme le soleil a décidé de rester caché. Certes imposant et grand, il est d’une telle tristesse et manque cruellement d’élégance.
 
Qu’importe, l’heure matinale nous à permis de visiter les autres temples sans qu’aucune masse de touristes ne vienne troubler notre découverte.
 
Pour une description et des photos des temples visités c’est par ici !
 
Finalement c’est un bilan contrasté que nous nous faisons des temples d’Angkor. Si l’importance historique du lieu est incontestable nous aurions préféré que le lieu soit livré à la nature et qu’on le laisse évoluer avec le temps. Qu’il aurait été magnifique de tomber sur ces temples pendant un trek dans la jungle au lieu de suivre le mouvement touristique. Les temples, même dégradés, n’en auraient été que plus beaux, alors qu’ici la conservation s’est transformée en véritable restauration.
 
Les touristes, comme les arbres ont pris possession de toi. Magnifique Angkor tu ne mourras pas paisiblement par l’effet du temps…
Fromager poussant dans les ruines-Ta Phrom-Angkor Temple-Cambodge

Fromager poussant dans les ruines de Ta Phrom

© Marie Dulin – Récits nomades

Siem reap : 2 mondes, 2 cultures

Étonnamment, la population n’a pas déserté les lieux à cause des touristes. À Siem Reap comme aux alentours et aux temples, les Cambodgiens marchandent, bricolent, cuisinent, jouent… Comme si une vie touristique s’était simplement greffée à la vie quotidienne en apportant à la région une certaine richesse.
 
La ville de Siem Reap est ainsi très hétéroclite : en face du marché local se tient le marché de nuit pour les touristes, à côté du stand de cuisine de rue se trouve un restaurant luxueux et les échoppes sont concurrencées par les boutiques des grandes marques américaines. Deux mondes, deux cultures… Et pourtant nous nous sentons étonnamment plus proches du leur, fuyant sans cesse les rues occidentalisées.
 
Pour la première fois nous découvrons aussi la vie politique du pays. En plus des affiches aux allures publicitaires présentes tous les 100m, même dans les coins les plus reculés, nous sommes bloqués par des centaines de manifestants en voulant rejoindre Angkor le premier jour.
 
C’est actuellement la période d’élection (entendez de réélection) et ici, le parti du Premier ministre en place depuis 30 ans, et qui pour l’anecdote veut qu’on accole à son nom glorieux suprême et puissant (oui, oui, tout ça), mène une véritable campagne de masse.
 
Le soir, la musique provenant des camps de regroupement du parti où les gens dansent par centaines, inonde la ville. Plus tard nous apprendrons que le parti paye ces personnes pour manifester, danser dans la rue etc et que les Cambodgiens subissent de véritables pressions au sujet de leur vote. On se croirait à une autre époque, avec toutes ces affiches bleues, allant jusqu’aux portraits des leaders dans les restaurants, particulièrement étonnants pour nous.
Route vers Angkor Wat, Krong Siem Reap, Cambodge

Photo by Joseph Anson on Unsplash

Pour notre dernier jour à Angkor, nous profitons de nos VTT pour rejoindre le Tonlé Sap, plus grand lac d’Asie du Sud-Est et véritable mère nourricière du Cambodge. Après 20km de piste cabossée, nous découvrons un village sur pilotis mais, à notre plus grand désespoir, sans eau en ce début de moussons. Dommage.
 
Pour rejoindre d’autres villages inondés il faut payer un droit d’entrée de 25$ et prendre un bateau. Excessif… Peu importe, la route à vélo était belle et nous a détendus. Le soir, nous ne pourrons pas non plus rejoindre les temples pour le coucher du soleil le temps étant trop couvert pour voir quoi que ce soit.
 
Demain nous partons pour le Mondolkiri, énorme jungle où nous allons enfin faire la rencontre des éléphants ainsi qu’un trek dans la jungle. Nous ne risquerons pas d’être dérangé par les touristes : vous comprenez, 8h de route c’est trop long et marcher dans la jungle c’est trop dur… Décidément nous aurons toujours du mal à comprendre les mentalités occidentales…
 

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