2 jours à la rencontre des éléphants et de la jungle du Mondulkiri
2 jours à la rencontre des éléphants et de la jungle du Mondulkiri

2 jours à la rencontre des éléphants et de la jungle du Mondulkiri

Bus ou postier ?

Il est toujours bon d’admirer les campagnes cambodgiennes, bien que plates et semblables entre les régions. Il est, en revanche, plus difficile d’apprécier un voyage de 9h en mini-van.
 
Je ne parle pas ici du bus à touristes mais de 20 personnes (pour 13 places) entassées et malades (et l’odeur qui va avec), de colis dans chaque recoin et d’un chauffeur qui a pour principe de doubler tout véhicule qui se trouve sur sa voie et de ne pas freiner peu importe l’état de la route… D’ailleurs est-ce un livreur ou un transporteur ? La question se pose, au regard du nombre d’arrêt pour charger et décharger des cartons. Question optimisation de place on ne semble pas pouvoir faire mieux !
 
Nos amis belges rencontrés dans ce fameux bus, Arthur et Lauranne, parleront du trajet de l’enfer. Je n’irais pas jusque-là, tout est question d’état d’esprit mais disons que nous étions soulagés d’arriver…

Découverte des premières richesses du Mondulkiri

Pour la première fois, nous admirons la forêt cambodgienne du Mondulkiri sur laquelle notre hôtel (Nature Lodge) donne une vue plongeante. Étonnamment, elle ne ressemble pas toujours à une jungle, certains endroits étant remplis d’arbres communs à nos forêts européennes. Plus précisément, nous découvrons pendant le trek du deuxième jour qu’elle se découpe entre parcelles de riz et bananiers, clairières, jungle dense et humide, cascades et étendues de forêt dégagées. On pourrait se perdre des heures dans le Mondulkiri sans aucune monotonie…
 
Mais revenons à l’essentiel car moi aussi je me perds dans mon récit tellement cette région nous a enchantés…

Rencontre avec les éléphants

Éléphant, Mondulkiri, Cambodge

Éléphante rencontrée dans la jungle du Mondulkiri

© Marie Dulin – Récits nomades

L’essentiel pour moi, ici, ce sont les éléphants (si tu as lu mon récit sur le fort d’Amber en Inde tu as sans doute pu percevoir ma passion pour cet animal) et quels éléphants nous avons rencontré !
 
L’association que nous avons contactée tente de sauver les quelque 50 éléphants de la région qui sont encore exploités et vendus au marché noir par les minorités locales. Triste et écœurante est l’histoire des 5 éléphantes sauvées, ayant connu la guerre civile avec les Khmers rouges, l’exploitation pour la reconstruction puis, aujourd’hui, le tourisme…
 
Certaines d’entre elles n’ont rien oublié, comme Lucky à qui on a coupé la queue pour vendre les poils censés porter chance et que l’on n’a pu approcher que de loin. Le seul mâle qui appartient à l’association est quant à lui devenu trop agressif à cause des sévices subis. En revanche, Sophie, la grand-mère, Happy et Princesse ne se sont pas fait prier pour les bananes, les gratouilles et le lavage dans la rivière…
 
Puissance et grâce, force et douceur, sérénité et fougue… Un animal de paradoxes en somme… Que dire de plus, tant notre rencontre fut fascinante ? Comment peut-on exploiter et torturer une si belle force de la nature, qui, de plus, nous ressemble énormément psychologiquement parlant.
 
Si toi aussi tu veux tenter l’expérience et agir pour la préservation de l’espèce, voici 2 associations fiables: The Cambodia Elephant Rescue Organization et Elephant Valley Project.
 
La journée fut trop courte et j’en ressors à la fois heureuse et déjà nostalgique.

Une soirée animée dans la jungle

Tout aussi riche fut la rencontre avec nos petits français Charlotte, éducatrice qui travaille à Phnom Penh, et son frère Valentin, Lise et Thomas en voyage pour 1 an et Lauranne et Arthur, rencontrés dans le bus. Le courant est tout de suite passé entre nous tous et les deux jours n’en ont été que plus intenses.
 
Après notre expérience avec les éléphants, nous nous retrouvons ainsi à jouer tous ensemble aux cartes, discuter de nos vies, partager un repas, puis un alcool de riz ramené par notre guide indigène. Celui-ci nous montre comment son peuple se sert du bambou pour préparer une soupe en versant dedans légumes, eau et épices et en faisant bouillir le tout sur le feu à l’intérieur du bambou. C’est délicieux ! La soirée s’écoule doucement dans la joie et le partage.
 
Puis vint, après le bus, la nuit de l’enfer : les hamacs, mal fixés, nous laissent le dos courbé toute la nuit, créant des douleurs lancinantes, et quelques systèmes digestifs fragiles empêchent certains de dormir.
 
La pluie du Mondulkiri aurait pu nous bercer mais rien n’y a fait. La journée du trek du lendemain s’avérait compliquée mais finalement elle s’est bien déroulée, sans trop de pluie ni de chutes.

Mondulkiri, la nourricière

C’est au Mondulkiri que l’on vit la mousson. Il y pleut toute la nuit et parfois toute la journée, ce qui rend l’air constamment humide mais, malgré tout, bien plus respirable qu’à Phnom Penh ou dans les petites villes provinciales.
 
Inévitables sont ainsi les glissades et les gamelles lorsque le terrain, déjà escarpé, est rendu si glissant. Pour autant, même fatigués et courbaturés, nous n’aurions manqué pour rien au monde ce trek. Dans cette immense jungle, la végétation est luxuriante, la faune abondante (parfois trop lorsqu’on se rend compte qu’il y a 5 sangsues collées à nos pieds), les chutes d’eau puissantes et les paysages idylliques.
 
Cette région n’a pas encore subi la domination de l’homme et nous fascine un peu plus à chaque pas. Seuls les animaux sauvages ont manqué, sans doute caché à nous observer de loin, nous les intrus bruyants.
 
À la fin de la journée, tout le monde est paradoxalement fatigué et ressourcé.
 
Cette région est sans conteste notre coup de cœur depuis le début du voyage et nous aimerions y laisser couler le temps pendant des semaines tout en découvrant les trésors cachés de cette majestueuse forêt.
Cascades du Mondulkiri, Cambodge

Cascade dans la jungle du Mondulkiri

© Marie Dulin – Récits nomades

Malheureusement nous te quittons demain, après un dernier repas entre voyageurs français et une nuit de sommeil profond au son de ta pluie nourricière et vivifiante. Il est temps pour nous de reprendre la route vers la côte cambodgienne, après une étape par la capitale, mais nous reviendrons, fière et sauvage province du Mondulkiri.
Éléphant qui s'enfonce dans la jungle, Mondulkiri, Cambodge

Éléphant s’enfonçant dans la jungle du Mondulkiri

© Marie Dulin – Récits nomades

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